Que l’on soit étudiant·e, entrepreneur·e, journaliste, écrivain, homme ou femme d’affaire, personne n’est à l’abris de la peur de réussir, ni de celle de l’échec. Cette crainte peut se manifester par un petit blocage passager pour certaines personnes, et peut être une sensation récurrente chez d’autres.
Mais saviez-vous que ce sentiment de peur est naturel ? La peur est même un sentiment normal et commun, provenant de notre instinct de survie, qui peut s’exprimer de manière envahissante pour la plupart d’entre nous. Elle est au cœur des grands événements que nous vivons : peur d’aller à l’université, peur de s’engager dans une relation, peur de devenir un meilleur dirigeant, peur de l’échec. Elle est liée à nos représentations et à nos perceptions, parfois biaisées ou fausses. En milieu professionnel, elle s’apparente à de l’inquiétude, la crainte, ou l’anxiété.
Alors, même en étant convaincu·e que vous êtes entièrement capable de réussir, vous avez le sentiment que votre peur de réussir ou votre peur de l’échec vous empêchent d’avancer. Même si tous les moyens, qu’ils soient financiers, matériels, ou intellectuels, sont à disposition, vous continuez, malgré tout, à ressentir un blocage qui limite vos actions. D’où vient donc cette peur, et comment la surmonter ?
Définir et identifier la peur de réussir
Si la peur de réussir est intimement liée à la peur de l’échec, elle est aussi plus difficile à comprendre et cerner. C’est pourquoi ce mécanisme, plutôt inconscient, mérite que l’on s’attarde sur sa définition et les sentiments qui en découlent.
Soyons franc : la peur de réussir ressemble à s’y méprendre à de la paresse. Pourtant, elle est différente, car la paresse est un ensemble de comportements de l’évitement de l’effort, tandis que cette peur se définit plutôt comme un comportement qui est de l’ordre de l’impossibilité de fournir cet effort. Elle s’exprime spécifiquement lorsque vous vous retrouvez bloqué·e dans votre développement et dans votre progression, parce que votre pensée libère des freins et des blocages liés précisément à votre réussite.
Pourquoi avez-vous peur de réussir ?
La peur de réussir s’associe à la peur d’affronter l’inconnu. Et réussir, autant qu’échouer, bouleverse tous les aspects de votre vie. Cette peur de l’inconnu peut alors vous pousser à opérer un auto-sabotage de vos capacités, alors que vous êtes pourtant équipé·e pour réussir.
Ici, on vous a listé différents effets et conséquences que peut avoir la peur de réussir sur votre comportement et votre état d’esprit :
Elle peut s'exprimer comme un besoin de perfectionnisme et d’être reconnu·e pour vos réalisations. Parfois, ce sentiment peut devenir une angoisse handicapante souvent ignorée.
Elle devient un handicap lorsque vous faites moins que ce que votre potentiel ne vous autorise , par exemple lorsque vous vous fixez des objectifs beaucoup plus bas que ce qu'ils pourraient être en réalité. Par conséquent, vous bloquez l’avancée, voire la réussite de votre projet.
Elle peut évoquer la peur du regard des autres , au cas où si vous réussissez. Vous pouvez aussi craindre que ce regard se change en rumeurs, en jalousie ou en méchanceté des autres envers vous.
Cette peur peut se ressentir par un blocage qui s'impose au moment de terminer ce que vous commencez, ou une colère inconsciente contre un projet de vie que vous n’avez pas choisi. Dans ce cas de figure, vous appréhendez un échec éventuel en vous préparant une excuse d'avance, ce qui vous donne une fausse impression de contrôle, mais qui se veut rassurante.
Elle est également liée à la peur du changement. Cela peut venir d'un manque de confiance en soi. Sachez que vous avez besoin de sortir de votre zone de confort , même si vous êtes arrivé·e près du but, sans quoi vous risquez de vous mettre à douter de vous. Ce doute peut mener à la procrastination, laissant vos aspirations de côté, à cause de vos diverses sources d’anxiété. En laissant ce sentiment négatif vous envahir, vous n’évitez pas seulement le succès, mais cumulez en même temps des angoisses pour des scénarios catastrophes hypothétiques et imaginaires.
Or, cette peur du succès est surmontable, et nous vous proposons quelques conseils pour vous aider à sortir de ces difficultés.
9 conseils pour surmonter votre peur de réussir ou votre peur de l'échec
1. Comprenez les origines de votre peur par autoréflexion
Le meilleur moyen de surmonter votre peur est d’essayer de comprendre ses origines. En faisant cela, vous pourrez prendre les décisions appropriées pour transformer la situation. Démarrer un processus d’autoréflexion s’avère être une démarche importante. Pour ce faire, installez-vous dans un endroit calme, et prenez quelques minutes de votre temps, environ 15 à 30 minutes. Pensez à vos réussites passées, ainsi que vos échecs, et posez-vous ces questions :
- Quel a été le déroulement des événements ?
- Comment votre appréhension s’est-elle manifestée ?
- Qu’avez-vous ressenti ?
- Comment avez-vous réagi ?
Pendant vos séances d’autoréflexion, tentez de prendre conscience de vos stratégies d’évitement, vos comportements subtils, peut-être inconscient, et vos habitudes mentales lorsque vous avez peur. En identifiant vos blocages, il devient plus facile pour vous d’y faire face. Évitez de penser qu’après une réussite, les difficultés vont apparaître. Nous vous conseillons d’éviter toute spéculation et les hypothèses non-fondées. Ayez confiance en vous et en vos capacités, et lancez-vous !
2. Renforcez votre confiance en vous
Osez vous accorder de la confiance en vous-même et en votre travail. Si cela est, dans les faits, bien plus facile à dire qu’à faire, nous avons plusieurs conseils qui vous permettront de renforcer votre confiance en vous :
Tentez de ne pas de vouloir tout contrôler. Votre flexibilité sera un allié pour surmonter votre peur du succès. Pour cela, il faut établir et accepter que tout ne sera pas parfait, et que des difficultés surviendront - car c'est normal.
Commencez par bien définir votre plan et vos objectifs en restant réaliste. Il faut apprendre à croire en vous et à la bonne évolution de votre entreprise. Ainsi vos objectif évolueront en fonction de votre développement.
N'hésitez pas à vous appuyer sur vos atouts et vos qualités, car cela vous permettra de prendre les bonnes décisions.
Votre capacité à vous projeter dans l'avenir est cruciale. On sait que vous avez tendance à penser au pire : faites-en une force, et non une source d'anxiété. En anticipant le pire, profitez-en pour établir différents scénarios, ce qui vous permettra de savoir exactement ce que vous allez faire en cas d'échec, ce fameux "plan B". Le plan B n'a pas vocation a établir un plan de fuite ou une occasion d'abandonner, mais plutôt d'adopter une approche rationnelle et rassurante, grâce à la définition de différentes approches possibles.
Il arrive qu'au cours de la réalisation de votre projet tout se passe bien, mais que la procrastination pointe le bout de son nez. Vous aurez alors la sensation de vouloir avancer, en freinant en même temps. C'est alors que le sentiment désagréable de la peur d’échouer s'invitera. Dans ce cas, jouez sur votre personnalité et sur votre estime de vous. Rappelez-vous que vous êtes une personne intelligente, et que vous avez tout ce qu'il faut pour réussir. En étant bien équipé·e, les échecs se transformeront en opportunité d'évoluer.
Avec persévérance, vos capacités vous mèneront certainement là où vous voulez être. Mettez-vous au travail, et prenez le risque de tout réussir grâce à ce beau potentiel.
3. Eloignez-vous des comportements autodestructeurs
Avez-vous tendance à vous montrer pessimiste ? C’est un mécanisme de défense tout à fait naturel.
Essayez de vous éloigner de ces pensées négatives dès qu’elles apparaissent, en vous recentrant sur vos objectifs. En les visualisant, pensez à tous les efforts fournis et à tout le chemin parcouru pour en arriver là où vous êtes aujourd’hui. Généralement, vous vous rendrez compte que vous avez peur d’une chose qui n’existe pas. Prenez le temps de respirer, en évitant de vous engouffrer dans les doutes d’un avenir plein d’incertitudes. Revenez au présent, et focalisez-vous sur les choses positives que vous avez réussies à accomplir.
Éloignez-vous des projections défaitistes alimentées par votre imagination. Car faire face à vos peurs, c’est aussi changer votre état d’esprit, et votre manière de visualiser la réussite. Donnez la priorité à votre vie en listant ce qui compte pour vous, et en faisant preuve de souplesse. Apprenez à mieux gérer votre temps, et accordez de l’importance à vos priorités. Prenez votre courage à deux mains, et saisissez toutes les opportunités qui se présentent devant vous.
4. Multipliez les petits actes de courage
Un alpiniste, pour atteindre un sommet de haute montagne, divise l’ensemble de son itinéraire en petit morceaux, en se fixant des objectifs raisonnables sur plusieurs jours. Maintenant, imaginez que l’alpiniste, c’est vous.
Ici, on parlera de “baby steps” : on ne vous demande pas de gravir les sommets dans une ascension fulgurante. Pensez plutôt à faire un premier pas, puis un autre, et ainsi de suite, afin de cultiver votre potentiel de courage. Exercez-vous à accomplir ces petits actes courageux en vous fixant des petits challenges au quotidien. Accomplir des petits objectifs vous aidera à cultiver votre confiance en vous.
Cet exercice de renforcement du courage est une technique préconisée dans le monde entrepreneurial. Concrètement, il s’agit de diviser vos objectifs en plusieurs tâches journalières. Cet exercice vous permettra de rendre vos objectifs atteignables, et beaucoup moins effrayants.
Cette pratique est assez simple à mettre en place, car elle fait appel à un outil très classique et très basique que vous connaissez bien : la to do list. Celle-ci sera votre meilleure alliée. De cette manière, vous aurez un repère grâce auquel vous vous rendrez mieux compte de l’avancement de votre projet, tout en ayant une vision globale de votre progression, et en étant conscient·e des tâches déjà effectuées.
Ces actes de courage vous permettront non seulement de progresser, mais aussi d’être fidèle à vous-même et vos désirs, en assurant le bon développement de votre projet.
5. Restez aligné·e avec vos valeurs et votre mission
Faites les choses selon vos principes, en accord avec le désir que vous portez en vous. Lorsque vous vous retrouvez dans une situation où vous doutez, restez toujours aligné·e avec vos valeurs, et ce qui vous anime au quotidien. Cette ligne de conduite vous permettra, quoi qu’il arrive, de ne pas avoir de regret.
En adoptant cette attitude, vous ferez ce que vous aimez vraiment. Et en travaillant sur un sujet qui vous passionne, plus grandes sont les chances que vous réussissiez. En choisissant une mission qui vous tient à coeur, votre envie de vous lancer sera plus forte, et votre capacité à vous développer en vous épanouissant n’en sera que plus grande. Ainsi, même si les décisions stratégiques ne sont pas toujours faciles à prendre, tant que vos choix sont en accord avec vos valeurs et vos envies, vous verrez que votre motivation viendra naturellement, ce qui vous mènera à diriger votre projet dans le bon sens, le vôtre.
6. Acceptez d’échouer pour apprendre de vos erreurs
Souvent, on a peur d’échouer par perfectionnisme, et par peur de décevoir son entourage. Cela vient généralement du fait que l’on est souvent habitué·e à faire les choses pour faire plaisir aux autres.
Si vous vous reconnaissez dans cette description, sachez que vous n’êtes pas seul·e. Il est important de savoir que, bien que cela puisse paraître contre-intuitif, accepter l’échec vous aidera, car chaque erreur est une opportunité d’apprendre. Accordez-vous cette chance, en essayant de voir une opportunité derrière chaque échec.
Accepter l’échec vous aidera à renforcer votre confiance en vous, tout en prenant conscience des peurs qui vous bloquent. Rappelez-vous que dans l’entrepreneuriat, le risque d’échouer est toujours présent. En restant flexible, vous pourrez relativiser, et tirer des leçons constructives des potentielles erreurs que vous commettrez.
Car des erreurs, il y en aura. Mais rassurez-vous, si un échec peut être innévitable, il est généralement temporaire. Et cet échec peut devenir une nouvelle source de motivation et de changements inattendus pour réussir.
Attention, on ne vous conseille pas non plus de refouler vos craintes. Car c’est un sentiment naturel et normal, qui vous permet de développer un sens de l’anticipation. Il est important d’accepter cette appréhension. Mais il ne faut pas non plus qu’elle vous envahisse. Ne pas se laisser dominer par crainte, c’est savoir poser des limites. Pour cela, voir le bon côté des choses est une grande aide.
Ainsi, si une expérience négative passée a engendré de la peur en vous, revisitez-la, visualisez-la. Tentez de remplacer les sensations négatives associées à ce souvenir par des sensations positives. Pour ce faire, envisager toutes les situations possibles, positives ou négatives. Envisagez l’échec dans votre plan stratégique, pour que cela devienne l’opportunité d’un nouveau développement. Si besoin, faites appel à une personne qualifiée pour vous aider à dépasser cette peur et établir des objectifs réalistes et mesurables.
7. Bien vous entourer
Bien s’entourer signifie avoir autour de vous des personnes bienveillantes qui vous soutiennent et qui ont déjà une certaine expérience. Car il est important que vous ayez près de vous des personnes à qui vous pourrez vous confier.
En effet, être bien entouré·e vous permettra de combattre vos peurs et de vous rendre compte que vos aptitudes sont bien à la hauteur de votre projet. En vous entourant des bonnes personnes qui partagent les mêmes idées que vous, vous serez encouragé·es et vous gagnerez en confiance en vous, car ces personnes sauront trouver les mots justes et des conseils adaptés pour vous aider à franchir les différentes étapes de votre projet.
8. Vous faire accompagner par des pros
Il est toujours intéressant et utile de se faire accompagner par des professionnels et experts, des personnes qui vous inspirent. Ces personnes, qu’elles soient coachs ou mentors, sont des personnes avec qui vous pouvez échanger et apprendre. Qu’il s’agisse de personnes offrant un service d’accompagnement payant ou non, l’essentiel est que vous leur fassiez suffisamment confiance pour établir une relation de confiance. Il est aussi important que ces personnes aient un vécu se rapprochant de votre propre expérience, car elles auront la capacité de vous guider dans vos difficultés, grâce à leur capacité d’empathie.
En vous faisant accompagner par un coach ou un mentor spécialiste de votre domaine, vous développerez la capacité de débloquer de fausses croyances sur vous-même plus facilement. Cet accompagnement vous demandera alors moins d’efforts, et moins de temps pour lever les blocages liés à votre état d’esprit, et vous permettra de passer les différentes étapes de votre projet plus sereinement et rapidement.
9. Changer votre conception d’échec
Afin d’affronter la peur de l’échec, apprenez à voir les échecs comme des essais, ou des opportunités d’apprendre. En modifiant votre conception, l’échec pourrait devenir votre meilleure source de réussite. En effet, le changement et l’échec sont de bonnes écoles qui vont vous apprendre à vous connaître et à vous faire découvrir de nouvelles choses. Cela vous fera évoluer, tout en ayant conscience de vos peurs de réussite, d’échec ou de vos différents blocages.
Même pas peur !
Finalement, la peur de réussir peut s’avérer être plus pénalisante que la peur de l’échec. En effet, elle est plus difficile à détecter, et elle se décline sous différents aspects, comme l’appréhension du jugement, la construction de fausses croyances sur soi-même, et l’inquiétude face au changement.
On ne le répètera jamais assez : attention à l’auto-sabotage. Osez acceptez les difficultés, car c’est ainsi que l’on mérite le succès. Parce que le mérite vient du vrai courage, celui de dépasser vos peurs et de sortir de votre zone de confort. Votre récompense, sera votre capacité à prendre les bonnes décisions, au bon moment; d’emprunter un itinéraire différent de celui des autres, et de s’y engager avec conviction et passion.
On vous encourage à dépasser vos blocages, quels qu’ils soient. N’oubliez pas que chaque petit pas compte, et chacun est une preuve de courage. Ne vous inquiétez pas, nous doutons tous de nous-même. La confiance en soi n’est pas une qualité naturelle, et il n’est jamais trop tard pour la contruire. On ne peut que vous conseiller de ne pas abandonner sans avoir essayé.
Pour le mot de la fin, on veut vous dire bravo : lire cet article, c’est déjà avoir eu le courage de vous renseigner 🙂


